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Ouvrir une conciergerie : les six premières décisions
Six choix engagent la suite. Le reste peut attendre — et savoir ce qui peut attendre vaut autant que savoir ce qui ne peut pas.
Démarrer — lecture d'environ sept minutes
Une conciergerie ne se lance pas comme un commerce : il n'y a ni local, ni stock, ni investissement de départ. Ce qui la fait tenir ou pas, ce sont des décisions prises dans les premières semaines, souvent sans y penser, et qu'il est ensuite coûteux de reprendre.
1. Le périmètre : jusqu'où va votre prestation
C'est la décision la plus structurante, et celle qu'on prend le plus vaguement. Trois périmètres courants, du plus étroit au plus large :
- Le ménage seul. Vous nettoyez entre deux séjours, le propriétaire garde les annonces, les voyageurs et les problèmes. Simple à tenir, facile à comparer — donc facile à mettre en concurrence.
- Ménage et intendance. Vous ajoutez le linge, les consommables, les clés, les petits problèmes. C'est le périmètre le plus courant.
- La gestion complète. Annonces, tarification, relation voyageur, encaissement. Un autre métier, avec d'autres obligations — notamment la détention de fonds pour le compte d'autrui.
Le piège est de glisser du premier au deuxième sans le dire. On accepte « juste » de racheter du papier, puis de recevoir un plombier, puis d'avoir les clés. Six mois plus tard, vous faites de l'intendance au tarif du ménage. Écrivez le périmètre dans votre devis, même s'il est court.
À décider maintenant : ce que vous faites et ce que vous ne faites pas. La seconde moitié est celle qu'on oublie d'écrire, et c'est celle qui se discute.
2. La tarification : au ménage, à l'heure, ou au pourcentage
- Au ménage, forfaitaire par catégorie de logement. Le plus lisible pour le propriétaire, et le plus risqué pour vous si vos catégories sont mal découpées.
- À l'heure. Protecteur, mais il transforme chaque facture en discussion et vous prive de tout gain de productivité.
- Au pourcentage des loyers. Réservé à la gestion complète ; sans maîtrise des annonces, vous portez un risque que vous ne pilotez pas.
Le forfait par catégorie est le bon défaut — à condition de connaître la durée réelle de chaque catégorie, ce qui suppose de la mesurer. Calculer le coût réel d'un ménage.
3. L'équipe : sous-traiter ou embaucher
Question qui revient dès le quatrième ou cinquième logement, et qui a des conséquences lourdes des deux côtés. Elle mérite son propre article : sous-traiter ou embaucher ses agents de ménage.
Ce qu'il faut savoir dès maintenant : quel que soit le choix, vous devrez pouvoir dire qui est intervenu où et quand. C'est vrai pour répondre à un propriétaire, et c'est vrai vis-à-vis de l'administration.
4. La preuve : ce que vous garderez de chaque intervention
C'est la décision qu'on prend toujours trop tard — en général après le premier litige. Elle coûte pourtant presque rien à prendre au départ, et devient impossible à rattraper : on ne reconstitue pas les photos d'un ménage fait il y a trois semaines.
Le minimum viable : qui, quand, quels points cochés, et trois ou quatre photos aux endroits où les contestations tombent. Photos, horodatage et litiges.
5. Les outils : le moment où le tableur ne suffit plus
Il n'y a pas de honte à démarrer avec un tableur et un groupe de messagerie. C'est même raisonnable en dessous de trois ou quatre logements.
Le basculement se repère à un signe précis : le jour où vous cessez de lire votre tableau pour commencer à l'interroger — c'est-à-dire où vous appelez quelqu'un pour savoir ce qui devrait déjà y être. À ce moment-là, le tableur ne vous fait plus gagner de temps, il en consomme.
Décidez aussi tout de suite d'une chose : un compte par personne, jamais un mot de passe partagé. C'est gratuit au premier jour et très coûteux à rattraper au départ d'un salarié.
6. Les premiers clients : d'où ils viennent réellement
Presque jamais de la publicité. Trois sources dominent, dans cet ordre :
- Les propriétaires déjà en location qui gèrent eux-mêmes et n'en peuvent plus des samedis. Ils sont visibles sur les plateformes, et ils ont déjà validé le modèle économique — vous n'avez pas à les convaincre de louer.
- Les agences immobilières et les syndics, qui reçoivent la demande et n'ont pas le service.
- Le bouche-à-oreille entre propriétaires, qui devient la première source au bout d'un an — et qui repose entièrement sur votre capacité à montrer ce qui a été fait plutôt qu'à l'affirmer.
Cette troisième source est la raison pour laquelle la décision numéro 4 rapporte deux fois : la preuve sert à défendre un litige, mais elle sert surtout à obtenir le client suivant.
Ce qui peut attendre
Pour finir par ce qui soulage : un site internet, un logo, une plaquette, une structure juridique élaborée, un local. Aucun de ces éléments n'a jamais fait signer un premier propriétaire. Ce qui le fait signer, c'est un devis clair sur le périmètre et quelqu'un qui décroche.
Cet article décrit des pratiques de métier et ne remplace pas l'avis d'un expert comptable ou d'un juriste sur votre situation.
Où Suitane intervient dans cette liste. Aux décisions 4 et 5. Une checklist complète est posée dès l'ouverture du compte, un compte par personne, la preuve photo rattachée à chaque ménage, et le planning qui se remplit depuis les calendriers de vos propriétaires.
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